Un demi pas comme les autres

Lors de mon dernier 5km à St-Laurent, j’ai amélioré ma marque sur la distance mais j’ai été incapable d’écrire un billet suite à l’accident que mon ami Alain Vincent a subit lors du départ de la course. Bref, cette course m’a beaucoup fait réfléchir sur la fragilité de notre bien-être. Il n’aura fallu qu’un petit pressé pour mettre la vie d’Alain sur pause sur près d’une demi année. J’ose espérer que le geste n’était pas volontaire, mais l’indélicatesse de ne même pas arrêter est à mes yeux aussi ignoble. Mais bon, rien ne sert de regarder derrière, il faut regarder devant, et Alain est justement une preuve de résilience qui me motive à continuer d’attaquer les kilomètres avec fougue et passion.

C’est alors que Nathalie Bergeron m’a contacté pour faire le demi-marathon de la Banque Scotia en échange d’une vitrine pour le défi caritatif de l’événement. Déjà que mon club, le Tribe Run Club amassait des fonds pour la Fondation de l’hôpital pour enfants de Montréal, la réflexion fut inexistante et j’ai sauté dans l’aventure malgré que mes entraînements n’étaient pas du tout orientés vers cette distance. J’étais emballé de pouvoir participé à cette course qui l’an passé a amassé plus de 1.2 millions distribués entre 79 organismes caritatifs locaux dans l’ombre de l’événement sportif. Bref c’est un demi-marathon pas comme les autres.

La veille de ma course, j’ai été encourager mes ami (e) s au 5 et 10 km. Il s’agit là d’une bonne manière de se mettre dans l’ambiance et de se motiver pour le demi-marathon du lendemain. Même la pluie n’a pas réussit à me ralentir pour encourager.

Le lendemain, je suis arrivé très tôt pour profiter de la section VIP et ne pas stresser avec le temps. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre au niveau du temps car je n’avais pas fait cette distance depuis longtemps. Je me suis dit que j’allais garder le lapin de 1h30 à l’oeil pour ainsi améliorer ma marque personnelle. 

Au départ, nous étions plus de 2100 tassés comme des sardines. Je me souvenais de mon dernier départ avec Alain, et il a fallu que je me fasse beaucoup d’auto-suggestions pour m’éviter de quitter le peloton en panique. J’avais sous-estimé l’impact mental de ce triste événement. Mais il fallait que je me force, car ce n’étais certainement pas ma dernière course à cause d’un cave… j’aime trop courir. J’allais donc courir en dédiant la course à Alain.

Comme prévu, je m’élance avec le lapin du 1h30, mais après quelques temps, il m’inquiète un peu en jonglant avec sa montre qui affichait en miles au lieu d’en kilomètres. Il nous annonce que nous sommes partis trop vite, mais je trouve que le pace est quand même bien, alors je décide de faire ma course par moi-même après le 3e kilomètre. J’ai passé le 5km environ à 20min30. Et dire qu’en août 2013, je réussissais à briser la barrière des 25 minutes lors du 5km endurance, et j’étais exténué, j’avais même eu de la difficulté à entrer dans la voiture. C’est fou ce que l’entraînement peut faire.

Pendant le demi, je regardais occasionnellement ma montre quand elle sonnait pour donner le rythme au kilomètre. Je voyais régulièrement des chiffres sous les 4:10; (14km sur 21 ont été en 4:10 ou moins du km.) Mais je sentais que mes jambes voulaient m’en donner pour mon argent aujourd’hui! Et quand elles voulaient se plaindre d’une certaine fatigue, je disais à voix haute: «Ta yeule pis avance» , en me disant que j’avais la chance de ne pas avoir une marchette comme Alain pour me déplacer. Je me devais de me surpasser pour lui dédier cette course pas comme les autres.

Quand je suis passé au premier tapis de kilométrage, le cadran affichait 44:18 (un rythme de 4:13/km). Mon cerveau s’est alors mis en mode mathématique, et je me disais qu’il pouvait être possible de terminer de peine et de misère sous les 1h30, sachant que j’étais parti trop vite et que j’allais probablement «briser» dans les derniers kilomètres. Mais j’ai continué à enfilé les kilomètres à un rythme d’enfer. J’ai dépassé beaucoup de coureurs qui habituellement me battent sans problème. Je me sentais survoler le circuit, c’était magique. Et que dire de l’endroit où les gens de Lululemon encourageaient avec des pancartes humoristiques et des cris hystériques à nous faire défriser (pas moi quand-même) Imaginez, si chaque boutique de sports se présentaient à cet événement avec la même intensité. Ça serait survoltant et magique. C’est aussi ça la course à pied; la camaraderie et le partage d’une passion.

Après analyse de la course, je remarque une anomalie sur mes performances habituelles. Le dernier 10.6k fut réalisé en 44:16 soit 4:10/km; donc un negative split! Ouf! moi qui pensait être parti trop vite. Mais d’où provenait cette endurance et cette énergie? Pourtant je n’ai pas de plan d’entraînement, mais je me déplace à la course à pied pour travailler. Je pense que le fait d’adhérer à la pratique du coureur naveteur m’a permis d’apprendre à courir avec des jambes fatiguées!

J’ai finalement terminé avec un solide sprint, en hurlant de joie en voyant un temps de 1:28:33 sur la cadran. Bref, un temps au delà de mes espérances. Jamais je n’aurais cru pouvoir courir aussi rapidement cette distance. Et le lendemain matin, j’étais encore au rendez-vous pour mon jogging matinal jusqu’au travail!

Résumé STRAVA de ma course

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