Thérapie sans prescription, par la course à pied

La vie nous envoie parfois des épreuves qu’il nous est difficile de comprendre et d’avaler. Ainsi dans la même semaine j’ai accompagné mon père jusqu’à l’hôpital, et j’en suis ressorti orphelin, l’ayant accompagné avec sa femme jusqu’à son dernier souffle contre le cancer. Je suis revenu chez moi, le soir même, paniqué, les jambes paralysées par le deuil. Le lendemain, j’ai dit à ma femme que j’irais voir mon beau-frère qui ne se sentait pas bien, depuis plus d’une semaine, pour le convaincre d’allez à l’hôpital. Je me suis déplacé chez lui, avec en tête qu’à la limite je téléphonerais au 911. Quand je suis arrivé, il était mal en point, assis au rebord de son lit. Je lui ai demandé ce qu’on allait faire? Il m’a regardé découragé en murmurant qu’il n’aurait pas le choix d’allez à l’hôpital. J’ai vite couru jusqu’à l’auto, et je l’ai conduit jusqu’à l’hôpital. Diagnostic; infarctus, mais avec quelques stents, tout ira mieux, d’ici une semaine, il sortira nous a mentionné le docteur. Mais jamais, il n’est ressorti, 52 ans, c’était tout ce que la vie avait à lui donner. Elle nous a arraché sauvagement un homme qui aimait vivre pleinement. Bref, les épreuves m’ont rendu fou. Le sommeil m’évitant, mes yeux s’alourdissaient à chaque instant. J’essayais de courir, mais mes jambes étaient trop lourdes et mon souffle complètement absent. Nos vacances au chalet approchaient, alors je savais que je devais profiter de cette période pour retrouver la forme. La course à pied allait devenir ma thérapie naturelle devant cette montagne accidentée.

 

Allez-retour à Dorval pour le soccer de Simon
Total 30.6km, le 30 juin 2016
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Il s’agissait de mon premier entraînement d’endurance depuis un gros deux semaines. L’allez a été très bien, mais j’ai dû marcher à plusieurs reprises pour le retour. J’avais des maux de cœur qui m’empêchait d’avancer comme j’aurais voulu. Mais il s’agissait du début de ma thérapie par la course à pied. C’est en me retrouvant seul avec mon silence que je peux apprivoiser la douleur qui m’habite. Le dialogue avec soi-même nous permet d’absorber le surplus d’émotions qui nous noie dans nos propres larmes. Le lendemain, je partais en famille dans un chalet de Brébeuf.

 

Samedi 2 juillet 2016, À la recherche du pont Prud’homme   15 km
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J’ai vu sur la carte du secteur qu’il y avait un pont couvert presque centenaire. J’ai regardé sur la carte pour trouver ce bijou et à l’aide de mon sens de l’orientation jumelé avec mon côté lunatique, je n’ai pas pris le chemin que j’avais initialement pensé. Mais, j’ai trouvé un autre chemin qui m’a amené jusqu’à ce petit pont couvert. J’en ai profité pour prendre une séance de photos. Mes jambes y ont retrouvé la forme, une moyenne sous les 5 minutes du kilomètre malgré quelques petites montées. RÉSUMÉ DE STRAVA

 

Dimanche 3 juillet, avec Luc, sur le chemin de la rouge 15 km
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Le cousin de ma femme habite le coin de Tremblant, alors je lui ai exigé de venir partager quelques kilomètres pendant mes vacances. J’ai décidé d’emprunter le chemin de la rouge. Excellent choix pour l’ombre procuré par les arbres, mais aussi parsemé d’agréables montées. Un 220 mètres de dénivelé positif sur 15 km, c’est excellent pour les jambes. Ce fut très agréable de briser la solitude avec une sortie en duo. RÉSUMÉ DE STRAVA

 

Lundi 4 juillet 2016, enfin 31 km de plaisir!

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Je voulais partir plus tôt, mais le brouillard était trop intense à 6 h. J’ai donc quitté à 7 h 20, malgré la présence encore importante de brouillard qui nuisait considérablement à ma sécurité. Le début de mon parcours était périlleux, sur le rang des collines à Brébeuf. Les accotements étaient étroits, et je devais être à l’écoute du son des autos qui transperçaient le brouillard sans aviser. La route s’est ensuite transformée en chemin de terre avec quelques belles montées. Par la suite, une petite ballade sur la route de la montagne d’argent pour revenir sur la route 117, jusqu’à la sortie de Brébeuf pour terminer avec la route 323. Bref, une longue comme je les aime, juste la chaleur qui a eu raison de mes bouteilles d’eau, et je peux vous confirmer qu’il n’y a pas beaucoup d’endroits pour remplir les bouteilles dans ce coin! RÉSUMÉ DE STRAVA

 

Mardi 5 juillet 2016; dernière sortie au chalet sur la route 323

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Oh que je sens mes jambes revenir, malgré mon 30 km de la veille, j’ai affronté ce 15 km avec facilité. J’ai même poussé un peu lors des dernières descentes. J’avais du plaisir, l’espace d’une course, j’oubliais le deuil qui m’habitait. Bref, je me sentais plus vivant que jamais. RÉSUMÉ DE STRAVA

 

Cinq jours de vacances à Brébeuf, dans un chalet, c’était une excellente idée pour décrocher du quotidien qui devenait plus lourd qu’un chargement de pierres. J’ai essayé d’utiliser mes jambes pour nettoyer le grenier de mon esprit. Sans être un succès absolu, je peux confirmer que la course à pied fut pour moi une thérapie sans prescription, qui m’a permis de continuer à avancer dans ce qu’on appelle la vie… vous savez celle qui est si fragile.

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