Réconciliation au Frozen ass

Depuis mon retour à la course à pied suite à une rhabdomyolyse au MRSQ, mon entraînement se résume à ma pratique de coureur-navetteur où j’accumule un minimum de 48 kilomètres chaque semaine, seulement pour me déplacer. Et le reste de mes kilomètres sont avec les Étudiants dans la course, où je cours à un rythme plus lent que je suis habitué. Je crois que cette expérience saura me faire grandir humainement, mais aussi physiquement, car apprendre à courir à différents rythmes ne peut qu’être positif.

 

Bref, depuis le mois de juin 2017, mes distances sont relativement courtes. Seulement trois fois j’ai dépassé les 20 kilomètres en entraînement. Alors la première fois où j’ai vu l’annonce du Frozen ass, nouvellement dirigée par David Girard, je me disais que c’était juste impossible pour moi de m’aligner sur la ligne de départ. La météo me faisait peur aussi, avec les froids des semaines précédentes, c’était un frein pour appuyer sur le bouton d’inscription. Le principe de cette course est simple; faire le plus de tours de la croix du Mont-Royal (2.2 km) en un temps précis, mais la météo peut rendre le tout plus complexe.

 

J’ai attendu jusqu’au dernier moment, car la météo à long terme était favorable. Devant la page d’inscription, j’avais le choix entre 2, 4 ou 6 heures. Pour la différence de prix, je me suis dit que j’étais mieux de payer le 6 h, et de toute façon rien ne m’obligeait à courir la totalité. Honnêtement, mon objectif était de courir si possible la distance marathon, mais sans me mettre de pression. La règle était simple, si j’avais de la difficulté à boire ou m’alimenter, je devais abandonner. Mon plus jeune m’accompagnait dans cette aventure. (Finalement, il a agi à titre de bénévole pour l’organisation et je suis très fier de lui!)

 

Le matin de la course, le mercure flirte avec le point de congélation, et le parcours est parfait avec une neige tapée. L’organisation distribue les dossards avec le sublime logo créé par Studio Pixel. J’en profite pour jaser à des amis coureurs avec qui parfois l’amitié n’est que virtuelle. C’est très agréable de croiser des gens qui comprennent mes folies. J’ai débuté en me préparant en manteau et pantalon. Et finalement, j’ai eu comme un doute, mené par la peur d’avoir trop chaud. Je me suis donc mis en short et chandail long et je suis sorti pour juger si c’était correct. Le verdict fut très simple, malgré le regard perplexe de plusieurs, j’ai décidé d’opter pour les shorts. De toute façon, rien ne m’empêchait de rentrer après un tour de 2.2 km pour enfiler des pantalons.

Pour le premier 21 km, j’ai couru avec mon sac Fast Pack 15 de Ultimate direction, pour ainsi traîner ma bouteille d’eau. De toute façon, je cours quotidiennement avec ce déguisement de coureur-navetteur. Après 21.1k, je suis entré au chalet pour un arrêt toilette, pendant que mon fils me préparait une assiette de ravito. En moins de dix minutes, j’ai soulagé ma vessie, mangé des bonbons, bretzel, gâteaux et j’ai bu un verre de coke. Bref, un beau mélange très santé pour m’aider à continuer. Honnêtement, j’ai exagéré un peu pour tester mon système digestif tôt dans la course. Et le test fut concluant. Pour boire, j’arrêtais à chaque tour pour prendre une gorgée.

 

Sur le parcours, je passais d’un groupe de coureurs à l’autre. J’étais très content de revoir Alain V. avec Brigitte B., je n’avais pas vu Alain depuis son accident au départ de la course du 5 km de St-Laurent. On a jasé, on a rigolé, sur les photos de l’événement, on peut ressentir le plaisir. Après environ le 38e kilomètre, j’ai attendu mon ami Luc P. que je n’avais pas vu en plus de trois heures à faire le hamster autour de la croix. Une petite pause de cinq minutes où j’ai mangé des bananes en attendant. Nous sommes ensuite partis pour deux tours seulement, car j’avais des nausées de plus en plus fortes. Après le 2e tour, je l’ai laissé partir et je me suis dirigé à la course aux toilettes. 

 

À ce moment, je croyais que ma course était finie, mais j’ai demandé à mon fils de me servir une soupe, puis deux, puis trois! Avec un petit gâteau. Bref, j’ai dîné pour ensuite relaxer en réfléchissant à l’avenir de ma course. Simon, mon fils, me lance alors : « Si tu veux faire 50 km, tu dois faire encore 4 tours papa! » Hmmm… 50km, ça sonne ultra à mes oreilles et ça pourrait temporairement me réconcilier avec ce type de course. Mais il n’était pas question de me rendre malade, car sinon j’allais en entendre parler à la maison! 

 

Près de 30 minutes de pause et je m’élance en me disant que j’essaie un tour. Il reste un peu moins d’une heure à la course, donc si je place un pied devant l’autre, ça devrait être réalisable. Le premier kilomètre fut très pénible, mes jambes étaient lourdes, mais le rythme était bon. Je n’ai pas arrêté une seule fois, et avant de débuter le dernier tour, j’ai vu Simon qui enlevait son manteau, il s’est approché de moi et il m’a dit de continuer qu’il ne restait qu’un tour avant de franchir les 50 km. Il avait décidé de faire ce kilomètre avec moi. 

 

J’ai donc accéléré pour lui montrer que j’étais en forme. Il était surpris de ma vitesse après une si longue distance. Il m’a ainsi accompagné pour réussir cette distance improbable de 50 km. Jamais je n’avais terminé les huit derniers kilomètres d’une course de longue distance avec autant d’aplomb. Honnêtement, tout est une question de rythme, en ayant couru plus lentement qu’à l’habitude, j’ai pu en profiter davantage. Le lendemain, je devais courir un 5 km avec EDLC, et j’avais promis à un jeune de l’accompagner pour réaliser un chrono autour de 26 minutes pour changer de groupe. Je lui avais dit que je le ferais, car le 5 km devait être la semaine précédente, mais la météo a reporté cette course de 5 km à la semaine suivante. Je me retrouvais donc avec le Frozen ass le samedi et le 5 km le dimanche. Mais je voulais tenir ma promesse, alors je l’ai fait. J’ai été agréablement surpris, car mes jambes étaient en pleine forme et ce fut mission accomplie.

Concernant le Frozen ass, je n’ai rien à redire. Ce fut un succès sur toute la ligne. La nourriture était variée et en quantité, l’ambiance était invitante et que dire des médailles très différentes de ce qu’on voit habituellement. Je ne suis pas un amateur de ce souvenir de course, mais celle-ci est spéciale. Et de supers photos de Martin Barabe . Mon strava est en deux course:
Marathon
Extra marathon pour me rendre à 50 km

 

Et maintenant que je suis réconcilié avec les épreuves de distances? Je ne sais pas si je vais me lancer dans une autre aventure. Mais si course il y a, j’aimerais le 80k du Bromont Ultra. Mais j’ai encore le temps d’y penser…

 

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