Premier marathon pour les nuls

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Sur le chemin du marathon

Le 24 septembre 2017 approche à grands pas, surtout pour les centaines de futurs nouveaux marathoniens au marathon de Montréal! La dernière longue sortie est derrière vous et votre corps vous monologue des maux imaginaires? C’est tout à fait normal, mais ne soyez pas trop à l’écoute, sans non plus vous mettre la tête dans le sable. Ainsi, courir un marathon avec une réelle blessure pourrait vous empêcher de profiter pleinement de votre première fois, car nous savons très bien que la première fois on s’en souvient pour la vie. Ce n’est pas toujours le meilleur souvenir, mais ça reste gravé à tout jamais.

Alors, vaut mieux mettre toutes les chances de votre côté. De toute façon, comme je le répète sans cesse, le vrai marathon c’est le plan d’entraînement qui précède le grand jour. La journée du marathon, ce n’est qu’une seule journée, et si vous êtes malchanceux, vous aurez l’énergie dans les talons. Mais ce n’est pas grave, car on peut se reprendre. Le marathonien mérite le respect pour sa discipline à l’entraînement plus que pour les chiffres sur le chronomètre.

 

Le «taper» c’est quoi?

Le fameux Taper ou la période d’affûtage ou phase de dégression, ça mange quoi en hiver? Je ne réinventerai pas les dizaines d’articles que vous avez commencé à lire suite à vos recherches Google. Je n’aurai pas le regard scientifique que je laisse aux experts. Je vais plutôt vous en parler avec les yeux d’un marathonien du dimanche. Bref, le taper, c’est long et c’est pénible, car ça fait des semaines qu’on travaille notre dépendance à la course à pied, et là on nous dit d’appuyer sur le frein! Pourtant, on est rendu au sommet de notre forme. Pendant cette période, on se tourne la cheville en courant sur la pelouse et on s’imagine déjà à mettre au broyeur à déchets notre 42, oups 42.195km (en passant, ça ne sera pas ce chiffre sur ta montre GPS) en résumé, à mes yeux, le travail est fait, lors de mon record au marathon, j’ai même pris la dernière semaine en congé de course, car une petite douleur m’inquiétait!

 

La carb-loading

Un autre terme qu’on découvre quand on décide de se baptiser en marathonien. Encore une fois, mon approche sera celle du coureur et avec aucune nature scientifique. De toute façon, Google vous fournira des tonnes de références à ce sujet. Ce n’est pas certain que vous allez comprendre, mais l’essentiel s’y retrouve. Pour ma part, je comparerais le corps du marathonien à un véhicule automobile. Si le réservoir d’essence est vide, vous ne pourrez pas vous rendre à destination. L’essence du coureur ce sont les glucides et plusieurs plans sont disponibles sur la toile. Mais rien ne sert de gagner des concours de mangeurs de spaghetti la veille de la grande course. Cela risquerait davantage de causer des problèmes digestifs au jour M.

 

Le jus de betteraves

Si vous êtes rendu que vous buvez du jus de betterave durant la semaine qui précède le marathon, c’est que vous avez trop fait de recherche sur internet. Je l’avoue, j’ai bu du jus de betterave lors de mon premier marathon à Niagara Falls, mais j’aime le goût de ce jus, ce que je n’aime pas, c’est son prix. Mais est-ce que cela m’a aidé? J’en serais très surpris, mais pitié, si vous n’aimez pas ce goût, ne vous lancez pas dans cette aventure!

 

La nuit précédant la course

Hahahaha, ne lisez pas ce qui suit, sinon, vous ne dormirez pas. Vous allez préparer vos choses, la veille de la course avant de vous coucher. Vos souliers, votre chandail, vos shorts, votre bodyglide, vos chaussettes, votre casquette, votre dossard, mais vous chercherai partout vos épingles (ma femme avait dû sortir en catastrophe pour aller en acheter à la pharmacie, la veille de mon premier marathon!), vos gels, votre eau, etc. Et là vous aurez la pensée innocente de vous dire qu’il faudrait se coucher tôt pour être en pleine forme pour le lendemain. Et puis là, après trente minutes à tourner en rond dans votre lit, vous vous lèverez en catastrophe, car vous aurez oublié de mettre votre montre GPS sur la charge.

Vous retournerez au lit pour vous relever quelques minutes plus tard pour un autre oubli réel ou imaginaire. Bref, une fois «endormie» votre sommeil sera léger et vous regarderez l’heure à un rythme régulier, et vous allez vous lever bien avant votre cadran. Pour ma part, j’ai trouvé la solution, je me couche plus tard qu’à l’habitude, et quand je me couche, je m’endors immédiatement et c’est le cadran qui me réveille. Mais peut-être serez-vous différents? Avec un sommeil profond et réparateur. Mais j’ai un secret pour vous. Peu importe le nombre d’heures de sommeil, l’adrénaline compense et vous aurez un maximum d’énergie. Il n’y a pas d’inquiétude, je n’ai jamais vu quelqu’un dormir pendant le marathon.

 

Le matin de la course

À Montréal, c’est magique de partir sur le pont Jacques-Cartier. Mais si vous êtes dans les premiers coraux, c’est loin des toilettes. (Car oui, vous aurez envie de vous recueillir dans une charmante toilette bleue avant de vous lancer pour le marathon) L’an passé, j’ai dû courir à partir des toilettes situées à la sortie du Métro, pour me rendre au corail 2, et à mon arrivée, la course débutait. Alors, arrivez à l’avance. Par ailleurs, sur le pont, il peut faire froid. Moi je me trouve du vieux linge que je laisse sur le pont au moment du départ (l’organisation fait des dons à des organismes)

 

 

 

Les 20 premiers km

Rien ne sert de partir rapidement, sinon vous allez le regretter. Avec le peloton, quand vous regarderez votre montre, vous aurez l’impression de courir moins vite que dira votre montre, mais il faut conserver le rythme de votre stratégie. La première partie du marathon de Montréal est très bien, profitez-en pour jaser, sourire, saluer la foule ou même prendre un selfie. Et là, vous vous ferez dépasser par un gros barbu, mais sur son dossard, vous lirez le nom de Céline. Ne vous en faites pas, c’est normal, car l’organisation américaine qui dirige notre marathon s’entête à refuser les transferts de dossards.

Alors des centaines de coureurs courent clandestinement sous une fausse identité. Il faut juste rigoler en voyant Roger dans le corps d’une belle blonde. La seule chose que j’espère c’est que les «délinquants» enlèvent la puce de chronométrage pour ne pas interférer dans les classements et surtout qu’ils ne qualifient pas quelqu’un d’autre pour Boston!

 

La mi-parcours à Montréal

Vous venez de gravir la pas si grosse côte que ça; la légendaire côte Berri. Vous serez plusieurs coureurs qui se dirigeront vers le parc Lafontaine. Beaucoup d’applaudissements meubleront vos silences. Et tout d’un coup, vos autres amis coureurs vont dévier vers le parc. C’est là que le mental doit prendre le dessus sur vos jambes. Car de réaliser que la majorité des gens ne fait que le demi-marathon, c’est décourageant. Si vous êtes déjà vidé, que vous avez une blessure qui vous inquiète, rien ne vous empêche de franchir la ligue d’arrivée du demi. Vous n’aurez pas le manteau de finisher, mais vous pourrez utiliser votre coupon de bière plus rapidement. Et par expérience, si vous êtes dans la merde après 21k, rien ne sert de s’entêter pour faire votre premier marathon. Des marathons, il y en aura d’autres.

 

La deuxième moitié du marathon

Sa réputation n’est plus à refaire. C’est long et monotone, mais je n’en ferai pas une critique détaillée, je vous laisserai découvrir cette partie du parcours. Ce que je peux vous partager, c’est que je trouve que le vrai marathon débute au 32e kilomètre. Les dix derniers vous demanderont une force du mental et du physique en harmonie. N’hésitez pas à marcher aux ravitaillements. C’est quoi cinq ou dix secondes pour prendre le temps de boire de l’eau sans s’étouffer? Personnellement, j’ai souvent des crampes aux mollets dans les derniers kilomètres. J’arrête, je masse et je repars. C’est dans ces derniers dix kilomètres que notre vie change. C’est là qu’on se retrouve seul avec soi-même pour se surpasser dans un effort incroyable. Le mur? Je pense qu’il est propre à chacun.

 

L’arrivée

Profitez-en pour sourire, il y a un photographe qui vous offrira à gros prix ce souvenir impérissable. Personnellement, je n’achète jamais les photos, mais à mon premier marathon, j’ai sorti mon portefeuille pour immortaliser ce moment magique. C’est aussi très normal de pleurer en arrivant, avec le sourire, ça fait un arc-en-ciel. Et tous les regards seront tournés vers vous à l’arrivée. Il y a beaucoup de monde, des applaudissements. Bref, c’est là que vous allez devenir MARATHONIEN , savourez le moment.

8 Comments

  1. très beau récit rempli de vérité…..j’ai 225 marathons de courus à ce jour en ce texte est très bien expliqué ce que c’est que de courir un marathon, très vrai que le marathon commence au 32ième kilometre et que c’est le mental qui travaille le plus, bravo

  2. Nos pensées se rejoignent Philippe. Félicitations et merci de partager tes expériences. J’ai bien apprécier ton texte et ce même si je ne suis pas un marathonien. 😀

  3. Très bon texte !!! Je vais vivre l’expérience en tant que cheerleader pour ma conjointe qui fera son premier full ! Je suis certain que le manteau de finisher va bien lui faire 🙂

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