La vie est marathon…

Je m’étais dit que j’allais écrire mon prochain billet sur le «commute running» que j’ai expérimenté, mais la vie en a décidé autrement, j’ai décidé d’écrire avec mon coeur au lieu de parler de la course à pied, mais je ferai un parallèle entre ma passion et la dure réalité. En ce moment, j’ai mal et j’ai besoin que ça sorte.

La vie est un marathon où nous naissons tous à la ligne de départ du quotidien, dans l’enjambement de naître ce que nous sommes. Chaque année qui s’écoule est comme un demi kilomètre. Au début, nos jambes et notre souffle sont frais et au rendez-vous, mais plus les kilomètres avancent, plus on espère trouver un point d’eau pour s’accrocher au verre qu’on écrasera pour mieux se ressourcer. Des dépassements sont fréquents d’un sens comme de l’autre, mais nous finirons tous au fil d’arrivée avec des temps différents.

Après mon marathon sous les 3h30, je me sentais avec des ailes, je me sentais invincible, capable de tout affronter…

Mais j’avais sous estimer le marathon de la vie qui est bien plus hypocrite que les 42.195 km de plaisirs parsemés de souffrances consentantes. Rapidement, sans crier gare, le cr… de cancer a coupé les jambes de mon père. Bien sûr, quand nos yeux regardaient, les jambes y étaient en intégrales. Mais la vérité, c’est qu’elles n’étaient plus qu’un obstacle pour se déplacer. Son corps lourds, ses yeux vidés de compréhension, ses mots mâchés avant d’être murmuré au silence de l’incompréhension. Il n’y avait plus de kilomètres à l’horizon, je ne pouvais pas le tenir à bout de bras pendant une vie en entier. La mort s’approchait dans un sprint final sans qu’on ait le temps de le réaliser. Il a franchi le fil d’arrivée en 67 ans, six ans plus lent que ma mère… mais c’est un marathon qu’on aime déguster le plus longtemps possible. Et puis, avant que son souffle ne se repose à tout jamais, je lui ai murmuré à l’oreille: « Je te promet que si le cancer ose m’affronter, m’a y crisser toute une volée, y gagnera pas une troisième ronde consécutive».

À son chevet, je n’ai dormi que des parcelles de repos, pendant près de soixante heures. Quand on me disait que je devais me reposer, je répondais que j’étais marathonien, que j’étais capable d’en prendre! Ah comme c’est beau l’auto-suggestion innocente et sans fondement, mais j’avais besoin de me convaincre. Maintenant je suis vidé…

Quand mon père a quitté les soins palliatifs pour son dernier repos, il a été remplacé par mon oncle, son beau-frère, qui dans la même chambre a rendu l’âme, probablement guidé par mon père. Une semaine complètement folle qui était en train de me rendre fou.

Au travers de tout cela, mon beau père a visité les services de cardiologie pour un infarctus. Mais j’étais avec mon père en même temps, donc je ne l’ai pas tellement vécu. Et pour conclure cette semaine de merde, j’ai transporté mon beau-frère, mon chum, mon ami, mon voisin ou mon drinking buddy, à l’hôpital. Il vient de recevoir un «wake-up call», c’est fini nos brosses de petits vieux qui se pensent encore à vingt ans. Des artères bouchées ça fait sauter le coeur, aux soins intensifs ils prennent soins de lui, mais son coeur tourne entre 160-180, digne des pulsation d’un homme en pleine course. Mais plus j’y pense, plus il est engagé dans une course… celle du marathon de la vie!! Think positive Mike my friend! I love you!

Au retour de l’hôpital avec sa conjointe, nous avons pris un taxi. Sur le boulevard Lasalle, l’innocent regardait partout sauf devant lui! J’ai crié de faire attention. Il a freiné mais il était trop tard, il a embouti la voiture devant lui et la limonade de ma belle-soeur s’est retrouvée au fond de la voiture. Nous sommes sortis et avons terminé le dernier kilomètre en marchant. Je ne pouvais m’empêcher de rire, c’était trop n’importe quoi cette semaine! J’ai arrêté au dépanneur et je me suis acheté un 6/49, sait-on jamais!! (J’ai même pas gagné!)

Dimanche, je vais essayé de trouver de l’énergie pour allez courir un peu avec des amis qui font le MRSQ. Je pense que c’est la seule manière que je pourrai me changer les idées. (Désolé… je suis un robot humain, incapable de courir ce dimanche matin de la fête des pères)

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