La revanche du marathonien

15055-mathsport-logo-2015

Habituellement, le stress est à son minimum devant les épreuves auxquelles je participe. Je suis sur le point de me présenter pour une sixième fois en trois ans sur une ligne de départ d’un 42.195 km. Par contre, le stress m’envahit, le ventre gargouille, et le hamster tourne à 100 miles à l’heure dans ma tête! Mais pourquoi ce stress improvisé pour faire ma passion; courir? Honnêtement, je pense que mon inconscient me joue des tours, car le marathon de Montréal est le seul événement, toutes distances confondues, où j’ai hissé le drapeau blanc pour m’avouer vaincu. Je pense que je redoute le fameux banc de parc sur St-Joseph qui m’avait accueilli tendrement dans mon agonie de marathonien désabusé. Mais c’est aussi peut-être parce que mon système digestif semble mener une bataille contre mon corps, à quelques heures du marathon!

Il y a deux ans, je me sentais comme un clandestin parmi les coureurs sur le pont Jacques-Cartier. Cette fois-ci, je me présente la tête bien haute, en pleine forme, seulement une petite toux provoquée par les allergies, mais qui se contrôle très bien avec ma pompe. Je n’ai suivi aucun plan d’entraînement, j’ai simplement couru pour le plaisir de courir. Si je me sentais en forme, j’ajoutais de la vitesse, si j’étais fatigué, je ralentissais le rythme, et en plus je prenais une tonne de pauses pour prendre des photos. 

Aujourd’hui, c’est le marathon, mon ventre m’inquiète, car il parle à voix haute, mais je me sens confiant de m’amuser. L’abandon n’est pas une possibilité, à la limite je marcherai, mais je franchirai la ligne d’arrivée. En 4 heures s’il le faut, mais je la franchirai! En sortant du métro Longueuil, je suis me diriger vers la vingtaine de toilettes, où j’ai attendu une éternité, mais je n’avais pas le choix. Durant cette période d’attente, je me demandais bien ce que je réussirais à faire comme course avec une guerre intestinale au fond de moi. J’ai finalement quitté les toilettes, 15 minutes avant le départ! Heu… J’ai enlevé mes couches hivernales en vitesse et j’ai couru jusqu’au corral 3 (c’est loin!), les pauvres bénévoles ne cessaient de me répéter : « Personne à droite svp » je me rangeais cinq secondes et j’y retournais. Au corral 4, j’ai salué mon ami Luc P. et je suis entré à l’arrière de mon corral, et l’on nous a demandé de nous avancer pour le départ. J’ai eu le temps de reprendre un peu mon souffle et nous sommes partis vers mon 6e marathon.

Les trois premiers kilomètres en furent de slalom entre les gens, mais mon ventre semblait tenir la route, je me sentais bien. Par la suite, sans m’en rendre compte je courrais autour de 4:45/km. Habituellement, je décide de ralentir jusque ver 4:50/km, mais je me sens tellement bien que je me dis que je vais essayer de maintenir cette vitesse le plus longtemps possible. À chaque quarante-cinq minutes, je prenais un Rekarb. Ma femme et mes deux gars m’encourageaient à différents points, et je les saluais d’un large sourire.

Le ventre m’a laissé tranquille jusque vers le kilomètre 28. J’ai réussi à me battre avec lui jusqu’au kilomètre 33, et par la suite, j’ai décidé d’écouter mon corps en alternant marche et course, et plus ça avançait, plus le ratio de marche prenait de la place, mais je gardais le sourire. Je ne pouvais quand même pas battre mon propre corps. Je me sentais comme plusieurs fois dans des entraînements, sauf que là j’étais en plein marathon. C’est un peu frustrant, mais c’est la vie. Il y a en aura d’autre course où je payerai pour courir 42 km. 

À l’arrivée, je me suis forcé pour courir les derniers mètres devant la foule, mais je n’ai pas poussé, car j’avais peur d’être malade! J’ai récupéré ma médaille, mon sac de lunchs et bien certainement mon manteau de finisher. J’ai retrouvé ma famille, sans une once de déception, j’ai regardé mon coupon de bière, et le cœur m’a levé. Nous sommes donc repartis à la maison, et pour la première fois, je levais le nez à la bière du marathonien!

Mais j’ai vaincu ce marathon, je l’ai terminé avec beaucoup de plaisir malgré que je n’ai pas pu me dépasser en terme de temps.

RÉSUMÉ STRAVA

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire