Être le lapin de son fils, ça vaut de l’or!

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Simon, mon fils de douze ans a voulu m’impressionner en s’inscrivant au 10 km de la Classique Verdunoise, deux jours après les championnats régionaux de cross-country scolaire. Je pense qu’il essayait de me montrer qu’il était aussi « fou » que moi! Et moi j’avoue que j’étais fier de mon petit coureur.

Par magie, alors que ma femme était à l’harmonie Richelieu de Verdun, elle m’a contacté pour me dire qu’elle avait obtenu une inscription gratuite de la part de l’arrondissement, c’était idéal pour accompagner Simon lors de son premier 10 km. Rapidement, j’ai sauté sur l’occasion, et j’ai annoncé à Simon que j’allais courir avec lui à titre de lapin. Il était vraiment fier que je partage cette première fois avec lui, et j’avoue que je partageais sa fierté.

La veille du 10 km, je regrettais un peu ma sortie de 37 km du jeudi précédent. J’ai passé les soirées de jeudi et vendredi à appliquer de la glace sur mon genou qui me faisait souffrir. Sur le plat, la douleur était très minime, mais les escaliers étaient pénibles et douloureux. Par contre, je ne pouvais pas reculer, j’avais un petit homme qui attendait ce moment avec impatience. Alors à la limite, j’allais grincer des dents et avancer sans me questionner pour l’amener fièrement jusqu’au fil d’arrivée.

Le samedi matin, une fine pluie déguise le ciel de Verdun. Je teste mon genou, et je suis confiant, mais je prends le temps d’aviser Simon de ne pas arrêter si j’abandonne. Il faut dire que j’étais chanceux, car la mi-parcours se situait à côté de chez moi. Arrivée sur les lieux, on a croisé son ami Anthony, qui m’a confié qu’il visait sous les 50 minutes. Je lui ai dit de me suivre et de m’écouter, et qu’il réussirait facilement cet exploit à son baptême de 10 km.

Le départ est donné, nous filons devant, je mets en garde mes lapereaux qu’on doit ralentir un peu. Le plan de match, c’est de maintenir autour de 4:50/km pour la première moitié pour ensuite accélérer jusqu’à la fin. Nous avons maintenu un rythme entre 4:44 en 4:49 pour les cinq premiers kilomètres. Je faisais des blagues avec Luc P. qui s’alignait sur le demi (qui partait en même temps). Simon a arrêté à deux reprises pour attacher ses lacets et alors que je lui faisais la morale, mon lacet s’est faufilé de sa boucle pour me pousser à arrêter sous son regard amusé.

Le deuxième 5 km fut rapide, sous les 4:20/km. Les jeunes coureurs avaient beaucoup d’énergie. Un peu avant le dernier kilomètre, je leur ai dit qu’on allait dépasser le coureur devant nous et que par la suite, je les laisserais partir. Je n’avais pas assez de jambes pour courir sous les 4 minutes du kilomètre. Rapidement, j’ai vu Simon prendre de l’avance, avec une foulée pleine d’énergie. Le père que je suis était tellement fier de le voir courir avec autant d’aplomb. J’étais autour de 4:20/km et il me distançait. Mais je n’ai jamais été aussi fier de me faire larguer en pleine course. Je hurlais à Simon de continuer, j’étais tellement fier de lui. 

Finalement, il a terminé en 6e position en 44:36, Anthony en 44:56 en 8e et le petit vieux lapin en 9e avec un temps de 45:18. Bref, je peux dire que j’étais très content de ce résultat, qui dépassait les attentes de tous et chacun.

J’ai terminé cinq marathons, des dizaines de courses de toutes distances confondues, mais aujourd’hui j’ai connu un sentiment de fierté d’accompagner deux jeunes hommes dans un défi de taille. De voir leurs sourires du devoir accompli valait plus que n’importe quelle médaille ou chrono. J’ai vécu un moment magique, car pour la première fois, je n’ai pas courir pour moi, mais pour les autres.

RÉSUMÉ DE MA COURSE SUR STRAVA

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