Enfin sous 3h30 au marathon

L’objectif de descendre sous les 3 h 30 peut sembler anodin pour ceux qui me lisent, mais pour moi, il s’agit d’un symbole fort de ma remise en forme. Quand j’ai recommencé à courir en 2010, mon objectif était de courir le 5k en moins de 25 minutes. Mais il m’a fallu attendre en 2012 au 5 km endurance pour réaliser cet exploit, complètement exténué en 24 : 28. C’était difficile pour moi, car à l’adolescence, c’était facile de courir sous les 20 minutes, et là je me battais pour beaucoup moins rapide. Le parallèle avec cette histoire, c’est que quatre ans plus tard, j’ai maintenu le même rythme que je m’étais fixé à l’époque, mais sur 42.195 km. Ainsi, chacun des cinq kilomètres était sous les 25 minutes. Et mon dernier demi-marathon de cette course fut complété en 1 h 49 malgré que je n’avais plus d’énergie. Il s’agit d’un temps cinq minutes plus rapide que mon premier demi en 2011! Bref, je suis vraiment fier de mon cheminement de coureur du dimanche, et j’ai le feeling que cette année est un virage important vers ma progression jusqu’à mes quarante ans dans un peu plus d’une année.

 

5 h, c’était l’heure pour se lever afin de terminer les préparatifs pour affronter le marathon pour une seconde fois en trois semaines. Au départ, quand j’ai décidé de me lancer dans l’aventure du marathon de Longueuil, c’était le jour même que celui des érables, où j’avais l’impression que mon corps ne m’avait pas donné tout ce qu’il avait. Je voulais une chance de me reprendre. J’ai donc lancé quelques messages sur Facebook afin de trouver un dossard pas cher et j’irais en transport en commun. Rapidement, j’ai trouvé un dossard à 60 $, et Alexandre B., un coureur de Verdun m’a offert un transport pour m’y rendre. C’est à ce moment que j’ai réalisé que le délai entre les deux événements était relativement limité pour le volume d’entraînements que je fais chaque semaine. J’ai donc décidé de m’y lancer tête première en ne me fixant pas de réel objectif. Juste courir pour le fun jusqu’à ce que les jambes me lâchent!

Le vendredi, j’ai fait une petite sortie de 7 kilomètres qui fut plus pénible qu’un marathon à cause de problème digestif pas mal intense. Quand je suis revenu à la maison, le souper m’attendait, mais je n’avais pas faim. Par contre, j’avais aussi une surprise sur Facebook, car Alexandre B. me contactait pour savoir si je voulais allez chercher mon dossard avec lui. Tout de suite répondu par l’affirmative, sauté dans la douche et je suis retourné l’attendre pour une banale cueillette de dossard qui est devenue encore plus importante dans ma préparation. J’y ai acheté des gels ReKarb pour remplacer mes Brix qui sont un peu encombrants, car j’affronterais le marathon sans ma traditionnelle ceinture d’hydratation.

En sortant de l’Expo, nous avons fait la boucle de 21,1 km en voiture, et je me suis laissé transporté par la passion d’Alexandre. Cette petite virée peut sembler anodine, mais j’ai appuyé sur « record », et lors du marathon, je savais très bien où j’étais sur le parcours. Ainsi, pour l’efficacité du mental quand ça commence à dérailler, c’est parfait!

 

Le soir avant le marathon, j’avais un cocktail dinatoire pour souligner la retraite de trois collègues de travail. J’ai pris deux bonnes bières et je me suis couché vers 23 heures. C’était bien correct, car de toute façon, les nuits avant le marathon sont habituellement courtes. Surprise, j’ai dormi un gros 5 heures consécutif, j’étais donc prêt et reposé.

 

Sur la ligne de départ, nous avons attendu une quinzaine de minutes, car la course a été retardée. Pourquoi c’est toujours à ce moment que la vessie envoie le message nerveux au cerveau qu’il est le temps d’aller à la toilette? Au moins l’envie s’est envolée en même temps que le départ a été lancé. J’étais trop occupé à ralentir, car c’est toujours rapide quand on suit le peloton, surtout quand la majorité fait le demi marathon.

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Rapidement, j’ai pris mon rythme de croisière, autour du 4 : 47/km. Je m’étais dit aucun kilomètre sous les 4 : 50, mais le soleil m’inspirait. Cette fois-ci, je suis parti avec une bouteille de Gatorade à la main où j’avais fait un mix avec de la poudre GU et de l’eau. Chaque kilomètre je prenais une petite gorgée. Pour l’alimentation, j’avais trois ReKarb, j’en ai pris un après cinquante-cinq minutes, l’autre après 1 h 45 et l’autre vers le 2 h 30. C’est la première fois que mon système me permet trois sachets de gel. Un peu après la mi-parcours, j’ai lancé ma bouteille aux poubelles et pour la première fois en cinq marathons, j’allais me fier aux points d’eau.

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La température était chaude, la peau humectée de sueur qui bouillaient, brûlait tranquillement. Mais je me sentais bien, je me sentais en contrôle, malgré que l’énergie de mes jambes ne fût pas aussi présente qu’à l’habituel. Mon kilomètre le plus rapide a été réalisé dans un moment où j’étais complètement dans ma bulle, déconnecté de ma Garmin, concentré à avancer vers le kilomètre suivant. Quand mon regard a croisé ma montre, elle sonnait pour la fin du 28e kilomètre, et elle affichait 4 : 38 pour le dernier segment. Jusqu’au 32e km j’ai maintenu mon rythme sous les 4 : 50, et là j’ai décidé de ralentir la cadence pour mieux profiter des dix derniers kilomètres, car je sentais mes jambes à l’agonie.

 

À partir du 36e kilomètre, les crampes aux mollets et quadriceps se sont mises de la partie. Pas des énormes, mais assez pour me faire marcher un peu. J’essayais de rester sous les 6 minutes par kilomètre, mais je prenais le temps de boire de l’eau à chacun des postes de ravitaillement. Plus les kilomètres avançaient, plus je réalisais que ça allait être très serré pour franchir la barrière psychologique du 3 h 30. J’ai fait le dernier kilomètre en 5 : 48, en me disant que je devais donner tout ce que j’avais encore dans le réservoir pour réussir. J’aperçois la première arche et me dirige en ralentissant vers la seconde que je crois être l’arrivée. Quand je vois une affiche qui nous invite à tourner sur un chemin de gravier pour l’arrivée. Je regarde ma montre, je suis dans la merde, il ne me reste que quelques secondes avant le 3 h 30. Je ne sais pas où j’ai puisé l’énergie, mais en voyant le temps au loin, j’ai réussi à faire un sprint pour triompher en 3 h 29 min 54 s. 7 selon le chip time.  RÉSUMÉ STRAVA

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Parlons maintenant du Marathon SSQ de Longueuil, qui en était à sa première édition. Honnêtement, j’y allais sans trop d’attente, et j’ai été agréablement surpris. L’espace de l’endroit central pour le départ et l’arrivée est tout simplement gigantesque. Les milliers de personnes ne comblaient qu’une infime partie de l’espace.

 

Au niveau du parcours, il était réellement rapide et agréable. Ainsi, j’ai découvert le parc Michel Chartrand. Ce fut très agréable aussi de voir les gens sur leurs terrains, qui nous encourageaient. Les enfants qui tendaient la main pour des high five, ou qui nous donnaient des quartiers d’orange ou des popsicles, étaient toutes des situations très appréciées des différents coureurs. Par ailleurs, je tiens à souligner le travail incroyable des policiers pour assurer notre sécurité.

 

Sur une note un peu plus négative, il est certain qu’il n’est jamais agréable quand une course ne part pas à l’heure, mais avouons que si c’est pour une question de sécurité, je peux pardonner facilement. Par ailleurs, les coureurs du 10 km et les marathoniens et coureurs du 21.1 km se sont croisés environ à mi-chemin de la course du 10 km. C’était agréable de se retrouver avec plusieurs coureurs, mais les rythmes étaient tellement différents, que je devais courir sur le mauvais côté des cônes et tourner les coins de rue au plus large pour conserver mon rythme. Je me retrouvais dans un dense peloton de coureurs entre 6 : 30 et 7 minutes du kilomètre alors que j’étais autour du 4 : 45/km.

 

Et la plus grande problématique fut à mon avis lors de l’arrivée. Ainsi, quand j’ai tourné sur le chemin de gravier pour la dernière ligne droite, je me suis retrouvé rapidement derrière deux chariots poussés par des parents. En les évitant, je me suis retrouvé derrière un papa qui courrait avec une très jeune enfant. Habituellement, je dirais que c’est cute, mais cette fois-ci, je dirais que j’ai eu peur de me faire coincer entre le père et la clôture, car il était occupé à accompagner son enfant (Ce que j’adore voir!) Mais la question est… comment est-il possible que le 1 km arrive en même temps que nous. Parfois, à la fin d’une course d’endurance, nous ne sommes pas aussi alertes, et je considère que cette situation aurait pu causer des accidents avec des enfants. À mes yeux, le 1 km devrait être seul au fil d’arrivée. Mes fils ont participé à des dizaines de courses du genre, et c’est la première fois que je vois cette situation.

3 Comments

  1. Bravo pour ton premier marathon sous les 3:30 heures. Après le marathon des Érables , je fais le marathon d’Ottawa. Je suis content de lire tes commentaires sur celui de. Longueuil.

  2. Bravo Philippe! Et non, jamais un chrono n’est anodin encore moins lorsqu’il est une populaire barrière à faire tomber! Le 3h30, que c’est bon de le mettre à terre celui-là!

    Merci pour cet aperçu de parcours. Ça en prend des + et des -, tant pour les coureurs qui magasinent que pour les organisations qui doivent aussi s’entraîner à offrir de mieux en mieux. J’espère que tu leur transféreras tes remarques.

    Encore bravo et bonne récup en contemplant ta prochaine cible. 🙂

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