Demi hypothermique 2011

Mon premier demi-marathon et ma seule course de l’année 2011, j’ai décidé de faire l’hypothermique. Et je peux maintenant affirmer que j’avais une préparation un peu en broche à foins, et j’ai été plusieurs semaines en arrêts de course car je m’étais blessé.

En arrivant sur le site de compétition; l’organisateur était rassurant au micro: « Si vous avez amené vos crampons, et bien sortez-les de votre sac car vous allez en avoir besoin!!! Nous avons essayé de rendre le parcours le plus sécuritaire possible… mais il nous est impossible d’épandre quoi que ce soit sur le circuit Gilles Villeneuve!!!» oups!!! Ça bien l’air qu’on va patiner!!! Les coureurs prennent le tout avec le sourire… après tout… nous nous sommes inscrit dans un demi marathon hypothermique qui se déroule en hiver… par surcoît au Québec… alors il ne fallait pas s’attendre à une compétition sur un bitume tropical. Mais bon, je me suis dit que j’allais être raisonnable pour éviter de me blesser.

Et voilà le temps de s’aligner à la ligne de départ!!!! Je ne sais trop à quoi m’attendre et le couple a mes côtés sont eux aussi à leur premiere expérience de compétition hivernale. On s’entend sur une chose… l’essentiel c’est de s’amuser sans se blesser… bref d’être raisonnable!!!

8h30 sonne… c’est l’heure de partir… on se souhaite bonne chance et nous partons. Je configure ma montre pour un rythme de 6:20/km, mais je me dit que je vais rectifier mon rythme dépendant de comment ça va après le premier tour de 7km.

Comme prévu, le parcours est en grande partie recouvert d’une glace noire. Par contre, il n’y a qu’une montée (qui se répète 3 fois) Ainsi, pendant les 7 premiers kilomètres, j’ai suivi le peloton de coureurs avec qui j’étais. Je me sentais des plus confortable, et la glace ne me causait pas d’ennuies. Je dirais même que c’est moins difficile que le «spinning jogging» sur Pie-IX pendant une tempête de neige!!!!

Durant ces 7 premiers km, je n’ai pas regardé ma montre. Par contre, je savais que j’étais en bas du temps fixé car elle n’avait pas sonné!!! Alors que je complète le premier tour… je regarde ma montre: oups!!! oublions le raisonnable: 5:10/km. Je me mets donc à rêver… et si je pouvais terminer en bas de 2h00!!! Pour cela, il faut que je maintienne un rythme sous les 5:40/km. Je me dis donc que j’allais essayer de continuer ce deuxième tour sur le même rythme…et on verra ensuite!!!!

Le deuxième tour se déroule encore très bien!!! Je me sens sur mon nuage… je suis complètement dans ma bulle, je ne vois même pas les bornes kilométriques!!! C’est la première fois que ça m’arrive… j’étais sur une autre planète. J’essaie de m’accrocher à des coureurs ou des coureuses, et ça fonctionne! Wow je retrouve l’instinct de compétion.

Mais le vent de face se fait de plus en plus puissant et glaciale!! Surtout dans la montée. J’ai besoin de travailler trois fois plus fort pour maintenir le rythme. Et les obstacles deviennent de plus en plus difficiles car les jambes deviennent de plus en plus lourdes. À la fin du deuxième tour, je commence à avoir des ampoules sous le pieds car mes pieds travaillent beaucoup pour compenser le manque d’adhérence. Ce qui est aussi difficile, c’est les énormes flaques d’eau qui prennent parfois toute la largeur. Ainsi, nous jouons aux équilibristes sur des bordures de glace durcie!!! Disons que plus les kilomètres avancent, plus c’est pénible de garder son équilibre!!!

Lorsque je termine le 2ième tour (14km), je suis encore au même rythme; 5:10/km! Mais je sais très bien qu’il me sera impossible de continuer à ce rythme. J’espère seulement avoir assez de jus pour compléter l’épreuve sous les 2h00. Je commence a croire à mon objectif!!!! Mais je vous le confie… après 14km, je serais aller me coucher au lieu de faire ce dernier 7km… car j’étais vidé!!

Pour ce troisieme tour, le vent est inssurmontable!! Il me glace le visage… j’en ai mal aux dents!!! Je commence a avoir mal au dos… et je me rends vite compte que c’est parce que je suis completement crispé!! (probablement par crainte sur la glace). Je laisse donc tomber mes bras le long du corps et je les secoue… ah que ça fais du bien!!! Mais que puis-je faire pour mes jambes qui s’alourdissent rapidement et dangereusement? Je vois mon rythme s’envoler sur ma montre, mais en calculant dans ma tête je me rends à l’évidence que si je continue à me battre le moindrement… je devrais réaliser mon objectif.

Chaque virage glacé est une épreuve olympique, mais je ralenti au maximum (c’est mon seul moment de raisonnable!) Parfois, je m’accroche pendant quelques centaines de mètres à des coureurs, mais je suis incapable de les suivre plus longtemps! J’ai l’impression que le vent me fais reculé au lieu d’avancé, la glace commence à me faire royalement ch… et j’ai le visage comme un bloc de glace…

Je commence à entendre la petite foule de braves qui encouragent les coureurs! Je gagne un peu d’énergie… mais je suis certain que si mes fils auraient été à mes côtés durant le dernier kilomètre… ils m’auraient liquidé!!!

Je vois au loin le tableau affichant le temps; 1h55min!!!, il ne me reste que quelques pas,,, je franchis la ligne d’arrivée… les bras fixés au ciel… j’ai réussi!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! À l’intérieur, j’ai vu le temps de ma puce électronique: de mémoire c’était 1h54 et 48 secondes YAHOU!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

http://www.dailymile.com/people/PhilippeF/entries/5480077

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