Courir sans plan d’entraînement pour un PB

Le marathon de Longueuil, je m’y suis inscrit sans aviser ma femme. Jusque-là, il n’y a aucun problème. Mais c’était aussi le week-end où elle organisait une soirée pour son anniversaire. Et bien sûr, je lui ai appris sur Facebook que je m’étais engagé dans cette nouvelle aventure. Mais l’appel de l’inscription était trop grand à la suite de mes derniers résultats, où j’ai fracassé mes records au 5 km et au demi-marathon. Je voulais voir ce que j’étais capable sur la distance du marathon. Longueuil était la course idéale, un parcours plat, à proximité de la maison et un mois avant le MRSQ. Je me suis inscrit trois semaines avant l’événement, alors j’amusais à dire que j’étais en période d’affûtage dès l’inscription. J’ai donc diminué le kilométrage sous les 80 km pour les trois dernières semaines.

Le lundi précédent le marathon, j’ai eu un genre de choc au niveau du tibia en descendant le tunnel Atwater. J’ai terminé ma course, mais toute la semaine, une raideur m’accompagnait. J’ai frotté, glacé, frotté et glacé encore. J’avais planifié un rendez-vous chez mon chiro pour le mercredi, mais j’avais oublié que j’avais un souper pour mon anniversaire de mariage, alors j’ai dû abandonner l’idée de prendre soin de mes jambes pour sauver ma vie!

Dans la nuit de jeudi à vendredi, je rêvais à une course douteuse, et je me suis réveillé en catastrophe avec une réelle grosse crampe au mollet. Vous savez, le genre de crampe qui demeure sensible toute la journée.

 Finalement, le samedi, c’était la soirée d’anniversaire de ma femme, et nous avons mangé au Vieux Port Steakhouse. J’ai dévoré une surlonge de bœuf. Bref, un menu loin du traditionnel repas de pâtes, alors j’ai compensé avec deux bonnes bières pour honorer la mythique carbloading. Nous sommes rentrés à la maison vers 23 h 30, mais ça ne m’inquiétait pas, car aussi bien se coucher tard la veille du marathon…ça dort mieux. On s’est couché vers minuit trente, et j’ai eu du mal à m’endormir, j’appréhendais ce marathon à cause de ma jambe. Je commençais à m’endormir, et j’entends du bruit, c’est mon plus jeune qui arrive en se plaignant d’un mal d’oreille! Il est 3 h 30, je me lève pour lui trouver un décongestionnant, et une compresse pour son oreille. Je retourne ensuite me coucher, mais je n’ai pas tellement dormi par la suite. Je dirais que ma nuit a totalisé un gros 1 h 30 de sommeil. Et quand je ne dors pas, j’ai mal au ventre! Alors je dirais que je n’avais pas l’air d’un marathonien en me levant.

Je commençais à me dire qu’on dirait que quelqu’un , quelque part essayait de m’empêcher de faire ce marathon. J’étais découragé, je réfléchissais à la possibilité d’annuler ma participation et retourner me coucher. Juste avant de partir, j’ai dit à Geneviève d’attendre, car j’allais essayer de courir devant la maison. J’ai fait un petit aller-retour, en me disant qu’à la moindre douleur j’abandonnerais. Mais c’était quand même bien, alors j’ai décidé d’y aller, mais sans trop d’attentes.

Mon plan de match était d’essayer de conserver un rythme autour du 4:30/km le plus longtemps possible en espérant tenir le coup et me qualifier pour Boston, mais je savais que c’était probablement impossible. Mais j’avais envie de voir ce que j’étais capable de faire.

Le premier demi, je plaisantais avec des gars qui faisaient le demi, et je regardais ma montre pour rester dans le rythme visé. Après la mi-course, j’ai décidé de laisser tomber la montre pour y aller au feeling, en étant complètement dans ma bulle, c’est peut-être à ce moment que j’ai hypothéqué mes jambes.

 22          4 h 19.6               

23           4 h 12.9               

24           4 h 12.5               

25           4 h 25.2               

26           4 h 17.5               

27           4 h 18.2               

 

À partir du 28e kilomètre, je suis revenu à mon rythme initial, mais je ralentissais de km en km. Entre le 40 et le 42e km, j’étais environ en 6 :10/km, et mes jambes me faisaient souffrir, mais jamais ma blessure du début de la semaine ne m’a dérangé. Je me battais simplement pour mettre un pied devant l’autre. Et puis en regardant ma montre, je savais que j’allais réussir à obtenir un temps sous la barre du 3 h 20, si je ne faisais que mettre un pied devant l’autre au pas de course. Quand j’ai vu le chrono s’approcher, j’ai eu un regain d’adrénaline et j’ai volé jusqu’à l’arrivée en levant les bras au ciel. Mission accomplie, à un peu plus de trois minutes d’un BQ, mais bien au-delà de mes espérances les plus folles! Pour la durée du marathon, je n’ai utilisé que de l’eau et des Saltstick, je n’ai rien mangé et mon estomac m’a remercié! La bière d’après course fut très appréciée pendant que mes jambes n’arrêtaient pas de se battre contre des crampes. Mon résumé Strava se trouve ici.

3 h 18.11 quand ton meilleur temps était de 3 h 29.54, c’est très satisfaisant. Comme image, j’aime toujours convertir mon pace sur un 5 km, afin de me donner une idée de la vitesse; cette fois-ci ça me donne un 23:25! Bref, il a fallu que j’attende en 2013 avant de courir l’épreuve du 5km à cette vitesse, et maintenant je tiens le rythme sur 42.195 km. Et dire que je ne me suis pas entraîné pour un marathon. Je n’ai suivi aucun plan défini avec des objectifs de temps et de vitesse. J’ai plutôt couru chaque matin et chaque soir pour me déplacer entre le travail et la maison, en y ajoutant quelques sorties longues pour le plaisir. Quand je n’étais pas trop fatigué, je me lançais des défis en solitaire du genre, je monte cette cote le plus vite que je peux. Et quand j’étais fatigué, et bien j’y allais plus tranquillement. Bref, j’ai appris à courir sur des jambes fatiguées, mais j’ai aussi appris à courir pour le plaisir de la course à pied sans me donner la pression de la performance. C’est sûr que je veux toujours m’améliorer, mais je ne me mets plus de pression à ce niveau, car le corps humain ne nous donne pas toujours le maximum de ce pour quoi on s’est entraîné.

Merci à Math Sport  pour des chaussures incroyablement confortable (Leur nouveau site devrait être lancé cette semaine et ça vaut le détour!!!) et merci au Tribe Run Club pour le côté social de la course à pied avec des sortie de groupe à chaque week-end!

1 Comment

  1. C’est chouette un pb qui flirte avec le BQ! Et tous ces sentiments et ces doutes…je peux m’identifier dedans. C’est bien de les voies chez les autres coureurs aussi, on se sent moins seul.

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