Un coureur sur route égaré dans une trail

Depuis mon premier 100 km au MRSQ, je pense à être infidèle à la route, en me salissant les pieds dans des sentiers. J’avais le goût d’essayer quelque chose de nouveau. À force de lire des amis qui bavent en nous parlant d’expériences en trail, je me suis dit; pourquoi pas moi?

À mon anniversaire, j’ai franchi un pas vers ma première course en sentier. Je me suis acheté des Saucony Peregrine 6. J’aime bien mes MAth Sport avec lesquels j’accumule les kilomètres sur la route, mais pour avoir essayé une fois dans les sentiers du Mont-Royal, je devais m’acheter une paire de souliers spécialisés.

La deuxième étape fut la participation à titre de spectateur au Bromont Ultra 160k. J’encourageais des amis qui affrontaient la montagne dans un 100 miles. J’ai été inspiré par chacun des coureurs qui ont complété ou non l’épreuve. Juste d’avoir le courage de s’aligner à la ligne de départ, c’est un exploit. Je me sentais presque mal à l’aise de retourner me coucher à l’hôtel pour la nuit alors qu’ils sortaient les lampes frontales pour éclairer leurs solitudes.

À mon retour à la maison, j’ai décidé de m’inscrire à l’Ultranza Trail 2017, à Val-Morin, Val-David. J’avais le choix entre le 10 km et le 20 km. Je me suis dit qu’un 20km, ça serait plus amusant! Et j’ai inscrit mon fils au 2.5 km. J’allais enfin essayer une course en sentier. Ainsi, plus les jours avançaient, plus la météo semblait vouloir venir déranger les conditions de course, mais j’avais hâte.

J’étais de retour à la course à pied depuis à peine cinq semaines, alors je ne pouvais pas espérer grand-chose en terme de performance. Mon objectif était de m’amuser et si possible être de retour pour le départ de mon fils à 12 h 15. Alors, j’ai couru avec ma montre n’ayant que l’heure comme affichage. Je laissais tomber le rythme au kilomètre.

Au départ, je suis à côté de Judith (après elle a disparu dans la forêt pour finir avec une médaille d’or au cou!). Je lui confis que ce qui m’inquiète le plus, c’est ma vision avec mes lunettes et la pluie! Elle me regarde et me dit qu’elle a réglé le problème, elle court à l’aveugle, sans ses lunettes. 

Au signal de départ, je m’élance d’un bon rythme, car c’est un sentier facile. Je me dis que le temps gagné à cet endroit sera très précieux quand j’arriverai dans les sentiers techniques (je n’avais aucune idée de ce que ça voulait dire, mais mes amis coureurs en sentiers parlent toujours de ces fameuses sections techniques!) 

Les montées et les descentes se suivaient, quand j’étais dans un single track et que j’entendais des pas, je me tassais sur le côté pour laissez passer les coureurs. Je gardais mes énergies dans les montées, en les marchant en grande partie. Bref, c’était une balade dans les sentiers, jusqu’au moment où nous sommes arrivés dans une partie de bouette glissante, pas de la boue, mais bien de la bouette. Un coureur que je suivais a bien résumé notre situation en disant : « Ouin, j’pense qu’on n’a pas le bon fartage ». C’était très glissant, mais les arbres nous aidaient à grimper et à freiner aux pieds des descentes. J’ai terminé le premier tour avec 10 h 40, mais j’étais épuisé. Pourquoi ne pas avoir choisi le 10 km? Et c’est quoi la limite de flexibilité d’une cheville?

Au deuxième tour, j’ai rangé mes lunettes dans mon sac. Je ne voyais pas plus, mais c’était plus agréable. Le deuxième tour m’a apparu interminable. Mais malgré que je ralentissais, je dépassais des gens. Et j’aurais probablement pu pousser davantage, mais je ne voulais pas exagérer l’effort. Mon objectif était le plaisir, et avec l’heure au premier tour, j’avais beaucoup de temps pour voir le départ de mon fils. 

Par contre, j’ai fini par me retrouver avec d’autres coureurs sur un sentier qu’on n’avait pas fait au premier tour. On ne comprend pas trop, mais le balisage du parcours est très clair. Peut-être ont-ils modifié la fin du parcours au 2e tour? Mais l’heure avance de plus en plus sur ma montre. C’est clair que mon deuxième tour sera pas mal plus long. Après l’analyse de Strava, la majorité des coureurs ont passé tout droit à boucle du mont King lors du premier tour. J’ai finalement franchi le fil d’arrivée en 2 h 32, mais j’étais vidé. Dix minutes plus tard, Simon s’élançait au 2.5k. Il a terminé comme les autres participants avec une médaille de participation, en plus de terminer au deuxième rang. Il était un peu déçu de ne pas avoir une autre médaille pour son classement, comme il est habitué sur la route, mais il va s’en remettre.

Après la course, j’ai été pris de forte nausée dans la voiture. 20 km c’était peut-être trop pour un retour à la compétition. Mais avec le recul, j’ai eu beaucoup de plaisir. Je ressemblais à un gamin qui saute dans la boue. C’était une expérience très agréable et j’ai été épaté par l’organisation de l’Ultranza. Je conseille cette course sans hésiter. Depuis, plusieurs m’écrivent en privé pour savoir si j’ai eu la piqûre de la trail. Je suis incapable de répondre par l’affirmative, mais j’ai adoré. Peut-être que je n’étais pas assez en forme pour apprécier encore plus la course en sentier. Mais en résumé, j’aime courir. Que ce soit sur un sentier ou sur une route, il est clair que je vais pratiquer les deux, car chacun regorge d’avantages et de désavantages. Suis-je obliger d’être un coureur de route ou un coureur de trail? Je ne pense pas, je suis un coureur, un point c’est tout. 

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