Après un marathon…on fait quoi?

Que se passe-t-il après un marathon? Est-ce que la vie arrête? Est-ce que d’autres défis sont possibles? Bien sûr, car la beauté de la course à pied c’est le dépassement de sa propre personne. Chaque entraînement ou chaque course chronométrée sont des moments où notre seul réel adversaire, c’est nous-même! Alors il n’y a pas de limites aux défis qu’on peut décider d’affronter.

Quand j’ai recommencé à courir des 5 km, je rêvais de devenir un marathonien, sous le regard perplexe de mon entourage. Et puis, un jour d’octobre 2013, au pied des chutes de Niagara Falls, je suis devenu le marathonien que je réclamais à l’impossible. J’avais réussi à traverser les 42 kilomètres et des poussières pour me baptiser à tout jamais sous le titre de marathonien.

En mai 2014, j’ai ensuite terminé le marathon d’Ottawa, en démarrant à une allure qui manquait de respect à cette épreuve mythique. J’en ai payé le prix pendant de longs kilomètres à tituber vers une ligne d’arrivée qui n’arrivait jamais à mes yeux de coureur découragé par la montagne qui lui restait à escalader.

En septembre de la même année, avec l’entraînement le plus solide de ma vie, je me suis aligné sur le pont Jacques-Cartier afin d’affronter le marathon de Montréal. Je me sentais comme un imposteur sur le pont, avec une sinusite, une bronchite et une otite, en plus d’avoir la tête avec ma femme qu’on venait de découvrir une tumeur (bénigne; que nous avons su plus tard). Je me suis battu pendant plusieurs kilomètres, mais j’ai hissé le drapeau blanc sur le boulevard St-Joseph, vers le 33e kilomètre, où j’ai fait un Forest Gump de moi, en m’installant sur un banc, blasé de courir.

Il a fallu attendre en avril 2016 avant de retourner au front face au marathon. Cette fois-ci, j’affrontais le marathon des érables que j’ai relativement bien dompté. Par contre, j’étais insatisfait et trois semaines plus tard, j’ai décidé de récidiver pour le marathon de Longueuil où j’ai battu ma marque personnelle.

Alors maintenant, je fais quoi? Ah oui, je pense bien faire le marathon de Montréal, qui se déroulera la veille de mon anniversaire. Mais est-ce vraiment encore un défi de courir un marathon? Et si je me lançais dans l’aventure du 60 km de la course transmontréal qui se déroule en novembre? Mais pourquoi vouloir courir tant de kilomètres? Bof, juste pour le plaisir de pousser son corps à la limite. Difficile à comprendre pour mon entourage qui ne pratique pas la course à pied, mais tellement logique pour mes amis coureurs. Alors, allons-y… tête première vers le dépassement de mes limites.

Et que pense ma famille de ce projet? Ma femme n’est guère surprise, et mon plus vieux dit haut et fort ce que pense tout le monde : « De toute façon, tout le monde sait qu’il finira par s’inscrire à un 100km. » À cette phrase, je n’ai répondu qu’un sourire qui voulait tout dire. 

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