100km dédié à Mike, mon beau-frère

À la course à pied comme dans la vie, je carbure aux défis pour avancer vers le lendemain. En ce moment, j’ai l’impression de faire du surplace, n’ayant pas d’objectifs aussi stimulants que de courir un premier marathon. Ainsi, au retour d’une sortie glaciale, je me suis mis à penser. Je dirais même à penser un peu trop! Je me suis mis à angoisser à l’été, car il s’agira du premier anniversaire d’un été difficile avec le décès de mon père, en plus, du 24 juin qui n’aura plus aucune saveur nationaliste, car je ne penserai qu’à Mike, mon beau-frère et ami qui l’an passé nous a quitté sans crier gare, d’un infarctus foudroyant! À quelques poussières de plus que la cinquantaine, il a trépassé en laissant un vide qui ne pourra jamais être remplacé. Chaque fois que je vais chez lui, je fais un chin chin à son urne, en lui parlant d’un monologue difficile à supporter, car j’aimerais tellement qu’il puisse me répondre, qu’il puisse cogner son verre contre le mien entre des fous rires contagieux. 

J’ai l’habitude de garder mes sentiments en dedans, mais il y a des jours comme aujourd’hui, où sans crier garde, l’émotion déborde et je me sens impuissant face à la maladie, la vie, la mort. J’aurai quarante ans en septembre, et je suis en santé, mais pour combien de temps? Personne ne le sait, alors il est essentiel de profiter de chaque seconde, de chaque minute, de chaque heure, chaque mètre et chaque kilomètre. À chaque décès d’un proche, j’ai l’impression de me détruire pour mieux me reconstruire en un individu de plus en plus fort.

Le 24 juin 2017, à 23 h 30, je serai au chalet du Mont-Royal, avec une poignée de personnes aussi folles que moi. C’est ainsi qu’à minuit je m’élancerai deux fois autour de la croix avant de redescendre jusqu’à Beaconsfield pour mieux revenir au sommet du Mont-Royal pour prendre une bière à la santé de mon chum Mike! Et je sais qu’à mon arrivée, étendu sur son nuage, y va me dire : « You’re a fucking crazy man! » Alors, si vous me voyez regarder vers le ciel pour dire : Thanks! Dîtes-vous que je ne suis pas fou, je fais juste répondre à Mike!

Donc, j’appuie sur confirmer et je me lance dans l’aventure du MRSQ, 100km. C’est la meilleure manière de ne pas reculer. Ça sera pour moi, une façon de célébrer mon 40e anniversaire, trois mois à l’avance. N’hésitez pas à venir partager quelques kilomètres avec moi durant cette belle folie.

2 Comments

  1. Très bel article qui rend bien hommage à ceux qui sont partis trop tôt. Il aura bien raison ton beau-frère : you are a crazy man! J’ai bien hâte de lire à propos de cette folle préparation 🙂

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